En théorie, ces deux courants semblent opposés : l’un réduit l’État au minimum, l’autre le renforce sur le plan moral et régalien. Mais en pratique, ils convergent sur plusieurs points :
- Hostilité commune à l’État social et aux protections collectives ;
- Critique partagée des « élites globalistes » ;
- Défense d’un capitalisme dérégulé (au bénéfice du marché ou du capital national) ;
- Alliance stratégique dans les partis de droite, notamment aux États-Unis et en Europe.
Aux États-Unis, cette synergie structure depuis longtemps la droite républicaine, entre think tanks libertariens et conservateurs identitaires. En Europe, on la retrouve chez le PiS en Pologne, Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, le conservatisme britannique depuis Thatcher, et au sein du réseau NatCon.
Cette convergence se nourrit aussi des milieux technologiques (Thiel, Musk), où s’allient un libertarianisme technologique radical et une guerre idéologique contre le « woke ». Même en Belgique, certains responsables (Bouchez, De Wever) et intellectuels diffusent ces idées.
En somme, au-delà de leurs contradictions, libertarianisme et national-conservatisme forment aujourd’hui une matrice idéologique commune des droites radicales et conservatrices, articulant dérégulation économique, rejet du progressisme, et exaltation identitaire. Cette évolution appelle une analyse critique approfondie.