Le programme Make America Healthy Again (MAHA) se présente comme une lutte contre les maladies chroniques, la malbouffe et l’emprise de Big Pharma, mais repose en réalité sur un discours anti-élites, une remise en cause de l’expertise scientifique et une vision libertarienne de la santé comme responsabilité individuelle.
S’appuyant sur des constats réels (explosion des maladies chroniques, conflits d’intérêts, défiance citoyenne), MAHA les mêle à des thèses complotistes, notamment sur les vaccins, alimentant une défiance massive envers les institutions de santé. Cette stratégie populiste s’accompagne de coupes budgétaires d’une ampleur inédite : amputations sévères des NIH et du National Cancer Institute, retrait des programmes internationaux de vaccination, suppression des budgets de prévention du CDC et réduction massive des effectifs du HHS.
Au-delà de la santé, cette politique vise l’ensemble du champ scientifique. Les universités et la recherche fondamentale sont fragilisées, provoquant une fuite des cerveaux et un recul stratégique des États-Unis dans des secteurs clés. Il s’agit d’une offensive idéologique contre la connaissance comme bien commun, au profit d’un État minimal aligné sur les intérêts économiques et les récits complotistes.
En conclusion, MAHA n’est pas une réforme sanitaire mais une bataille culturelle : elle affaiblit la prévention, la recherche et la solidarité, accroît les inégalités et met en danger la santé publique. Le risque de contagion idéologique existe aussi en Europe, où des discours similaires sur la réduction des dépenses de santé émergent, malgré l’évidence américaine : l’austérité sanitaire ne produit ni efficacité ni justice, mais davantage de maladies et d’inégalités.