Voiture électrique : solution incontournable mais pas miracle

La transition vers la voiture électrique ne se résume pas à un changement de motorisation. Elle engage des choix structurants en matière de modèle industriel, de justice sociale et de gestion des ressources.

La transition vers la voiture électrique ne se résume pas à un changement de motorisation. Elle engage des choix structurants en matière de modèle industriel, de justice sociale et de gestion des ressources.

En Belgique comme au niveau européen, l’électrification constitue un levier indispensable de décarbonation du transport routier mais son efficacité dépend strictement des conditions dans lesquelles elle est mise en œuvre.

Le récent recul de la Commission européenne sur l’échéance de 2035 pour la vente des voitures thermiques illustre les incertitudes qui continuent de peser sur le cadre réglementaire de la transition automobile. Il souligne l’importance de dépasser les ajustements calendaires pour se concentrer sur l’orientation effective de l’offre, des investissements et des politiques publiques.

En l’absence d’une orientation claire vers des voitures plus légères, plus sobres et plus accessibles, il existe un risque de reproduire, sous une forme électrifiée, les déséquilibres économiques, sociaux et environnementaux du modèle automobile actuel. Ainsi, la transition doit être encadrée pour faire de la voiture un outil de transformation. Elle se doit d’articuler les politiques industrielles, les dispositifs sociaux ciblés, le développement d’alternatives communes et la responsabilité accrue sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

La réussite de cette trajectoire reposera sur la capacité des pouvoirs publics et des acteurs économiques à dépasser une logique strictement technologique pour inscrire l’électrification dans un projet cohérent de mobilité durable. Ce projet doit être compatible avec les engagements climatiques, les impératifs de justice sociale et les droits humains.

À partir d’un état des lieux, cette étude met en avant la mise en place d’un parc social de voitures électriques comme l’une des pistes permettant de rendre l’accès à la voiture possible pour les ménages les plus modestes. Elle souligne également la nécessité de ne pas invisibiliser les externalités sociales et environnementales supportées par les communautés locales et les écosystèmes situés à proximité des sites d’extraction des matières premières. Elle rappelle qu'un accès à un environnement sain est un droit universel et ne s’arrête pas à la frontière européenne.